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Dans certaines cultures le vert n’existe pas, du moins il n’existe pas de mots pour le désigner : pas de mot distinctif entre le bleu et le vert. En thai “vert“ signifie également “malodorants“ et est titulaire d’autres significations voir de mauvaises connotations. En japonais, en dépit de l’existence d’un mot dans la langue moderne, la couleur est parfois décrite comme le bleu, reflétant l’absence d’un mot qui signifie vert dans le vieux japonais. En poésie persane, les femmes à peau foncée sont désignées comme vertes !
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Le vert est une des trois composantes permettant de reproduire toutes les autres couleurs. Mais même si la nature est verte, on y trouve peu de pigments verts. C’est donc le mélange de pigments qui prédomine dans les expressions artistiques. De la malachite (carbonate de cuivre) des Égyptiens, en passant par les verts des moines du Moyen Âge, à la terre verte des romains, composé d’une argile colorée par l’association d’oxydes de fer et de magnésium, au vert-de-gris (cuivre, laiton, bronze), des mélanges de cobalt oxydé et de zinc utilisés dès le XVIIe siècle, à l’oxyde de plomb mis au point par Panetier à Paris vers 1835 aux verts organiques de synthèse (phtalocyanine, naphtol) : le vert n’est pas très naturel. Pourtant, l’utilisation du vert, en tant que colorant ou pigment est évidemment présente dans tous les domaines.
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Vert – Peau – “Les pigments se nourrissent de chlorophylle et d’oxyde de cuivre pour transmettre cet espoir de pérennité des mers d’émeraudes, de pureté des étangs, de violence de la malachite.“ “La lumière est vraiment telle que nous l’avions imaginée dès le départ. Elle est à la fois sophistiquée et neutre. Le vert, ce n’est que de la lumière, comme un rayon de soleil filtré par un feuillage en forêt, une couleur portée par un regard très sensuel. C’est exactement ce que nous voulons dire et montrer.“ “Le vert évoque le morbide, le maladif. Pourtant, aucune texture de peau ne refuse cette couleur ou ne la saisit pas. Alors, j’ai chauffé le vert. Comment ? Avec la peau qui est dessous ; j’ai joué avec la couleur des yeux, la carnation, l’éclairage, un savant mélange, une douce alchimie, qui l’a rendu vivant et sain.“ (Lire la suite…)
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Brun – Peau - “Terre de Sienne, ombre naturelle, ocre, du Périgord au Maroc, en passant par le Colorado, c’est la couleur fondamentale. Gustatif ou tactile, le brun fait partie de nous, il nous accompagne.“ “Sous le marron, on retrouve le gris métallique en sous-couche, avec des nuances différentes, un peu de jaune, de vert, mais aussi du marron pour faire ressortir encore plus la nuance verte de ses yeux.“
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Conflit de perception pour cette couleur, dualité d’interprétation : sobriété ou plaisir, misère ou opulence. Le brun est odeur. Une odeur goûteuse. C’est essentiellement la matière, sa texture irrégulière, lisse ou charnue, son traitement, l’opposition mat/brillant, la capacité d’absorber ou de réfléchir la lumière qui donnent les suggestions.
Brun émotion… Issu de la terre nourricière, le brun s’est fait fruit, avec le marron. Mais même glacé, c’est un imposteur jaloux de la châtaigne.
Le marron est couleur de décomposition fertile, et le tabac lui ravira toutes ses nuances, gauloises ou virginiennes. Dans ses nuances les plus rouges, le brun est africain : acajou ou latérite. Le brun est ethnique, naturel, brut, métis, “tête de nègre”. Le brun sent la terre au début de l’averse, le sol jonché de feuilles. Le moelleux au chocolat, le café au lait, la noisette, l’écorce de pin, le santal, l’encens, le cuir… Avec ce melting-pot de couleurs : du bleu, du rouge, du jaune, du vert, et même du violet, paré de lumière, d’effets, mélange de toutes les couleurs, il demande à être aimé.
Brun est un brin plus élégant que marron. Hors du cercle chromatique, les peintres l’appellent « gris coloré ». Il est vrai qu’avec la sépia, la sanguine, les camaïeux d’ocres du Roussillon, les terres de Sienne naturelles ou brûlées, ils ont fort à faire avec lui !
Le brun sent la terre au début de l’averse, le sol jonché de feuilles. Le moelleux au chocolat, le café au lait, l’écorce de pin, le santal, l’encens, le cuir… Le brun est odeur. Conflit de perception pour cette couleur duelle: sobriété ou plaisir, misère ou opulence. Riche, beige, chocolat, noisette, cacao, “tête de nègre“, c’est essentiellement la matière, sa texture irrégulière, lisse ou charnue, son traitement, l’opposition mat/brillant, la capacité d’absorber ou de réfléchir la lumière qui suggèrent. Difficile d’éclairer un marron sans en trahir la profondeur !
Issu de la terre nourricière, le brun s’est fait fruit, avec le marron. Mais même glacé, c’est un imposteur jaloux de la châtaigne.
Mes mots pour le brun
opulent, solaire, parfumé, enivrant, moelleux, festif
Une toile de le Nain : le marron pour la réalité, le brun pour la beauté.
/Par Frédéric Rossi-Liegibel
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Le brun est une couleur, autrement appelé, marron, il fait partie des couleurs chaudes, mais ne fait pas partie des couleurs de l’arc en ciel. Le nom de cette couleur provient par métonymie du fruit qui porte le même nom, le marron (de la châtaigne rustique ou du marron d’Inde, la couleur de l’enveloppe est à peu près la même).
Brun est l’autre nom pour indiquer la couleur marron, le mot marron étant inusité pour désigner cette couleur (en Belgique, le mot brun est le terme générique).
L’adjectif marron, lorsqu’il correspond à la couleur est invariable (« des yeux marron »), mais certains auteurs le considèrent comme un véritable adjectif et l’accordent.
Contrairement au gris, la couleur marron est très répandue dans la nature, aussi bien dans le règne végétal qu’animal. C’est la couleur des écorces d’arbres, celle de la terre, de la décomposition de la plupart des matière organiques. Dans le règne animal, c’est la couleur de la toison de nombreux animaux de forêt ainsi que du plumage de nombreux oiseaux. C’est une couleur de camouflage ou de mimétisme assez efficace. Dans la différenciation sexuelle des oiseaux, alors que le mâle arbore parfois des couleurs vives, la femelle est généralement parée d’un plumage marron à vocation mimétique.
Le marron du coloriste s’obtient généralement en mélangeant de l’orange avec du noir. Toutefois, le noir étant une couleur neutre qui assombrit les autres couleurs, n’importe quel mélange de couleurs complémentaires qui laisse dominer dans ses proportions la nuance chaude, donnera du marron.
Parmi les pigments utilisés par les coloristes, on trouve bien sûr des nuances naturelles et directes de marron : la terre d’ombre naturelle, l’ocre et la terre de Sienne également donnent de belles nuances de marron.
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Emotion assurée, le jaune : un copeau d’étoile, une pincée d’immensité, un zeste d’éternité.
Milliards de soleils odorants et poudrés de la forêt de mimosas, mirabelles goûteuses faisant ployer l’arbre, tournesols en adoration devant le maître de l’univers : la nature s’amuse à cloner l’astre solaire. Qu’il soit intense, violent, aveuglant, sombre, pâle ou doré, le jaune est une couleur difficile à éteindre. Il chante, éclate, illumine, polarise l’attention. Quel que soit le support, il l’enrichit, accroche la lumière, exalte la matière pour LE plaisir des yeux.
Jaune émotion…
La nature s’amuse à cloner l’astre solaire. Milliards de soleils odorants et poudrés de la forêt de mimosas ; mirabelles goûteuses faisant ployer l’arbre ; tournesols en adoration devant le maître de l’univers ; Le végétal jaune – genêts, jonquille ou primevères – attire l’animal jaune, frelon, abeille et papillon que le minéral jaune emprisonne parfois – ambre, chrysobéryl ou topaze. Doré, blond, cuivré, fauve, le jaune réchauffe. Aux îles Canaries, sur une plage d’or, le soleil propose ses pigments de chrome, de zinc, de cadmium au maître de la couleur, peut-être un nouveau Van Gogh.
Le jaune rafraîchit. Sur une table ocre, sous un bananier, le maître de maison propose ses boissons, cocktails safranés, ananas au miel, citron pressé…
Le jaune : un copeau d’étoile, une pincée d’immensité, un zeste d’éternité.
Voilà sans doute pourquoi le jaune est si difficile à éteindre, même pâle, même assombri, même doré, et à plus forte raison s’il est intense, violent, voire aveuglant.
Le jaune rafraîchit. Sur une table ocre, sous un bananier, le maître de maison propose ses boissons, cocktails safranés, ananas au miel, citron pressé…
Le végétal jaune - genêts, jonquille ou primevères – attire l’animal jaune, frelon, abeille et papillon que le minéral jaune emprisonne parfois – ambre, chrysobéryl ou topaze.
Eh oui, le jaune ne se laisse pas facilement dénaturer. Pour le plaisir des yeux il enrichit tout support, accroche la lumière, exalte la matière… Son côté indéfinissable le rend créatif. Il chante. Délicat, il est capable d’adoucir, de charmer, de rendre la vie plus agréable. Précautionneux, il est citron.
Sensible, il basculer vite vers l’or ou le vert. Tricheur, il oblige à des mensonges énormes, il ne masque rien. Pris en flagrant délit, il devient moutarde. Pris en traître, il tombe vite vert pomme ou sans vie. Pris en main, non travaillé, il est pâle, blanc, brillant, plus or que jaune ou, au contraire, il rougit.
Mes mots pour le jaune
violent impérial exaltant, puissant, désolation, rafraîchissant
/Par Frédéric Rossi-Liegibel
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Jaune – Peau - “Une couleur exigeante : difficile de ne pas éparpiller son intensité solaire, perdre sa gaîté, gaspiller sa richesse, effacer ses promesses… Irradiation de soufre ou citron légèrement rougi, le jaune épuise ou rafraîchit.“ “En fait, le jaune n’est pas une couleur à contraste, parce qu’il adoucit énormément. Il n’y a pas de jaune, juste des ombres et cette lumière à la limite du citron. Et puis, ce fond d’une couleur indéfinissable mais tellement juste par rapport à la couleur.“ “Le jaune est la couleur la plus difficile à faire passer en maquillage. Spontanément, on ne va pas faire les pommettes jaunes ou les lèvres jaunes. Pourtant, ici on est face à quelque chose de créatif et de surprenant, c’est indéfinissable.“
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Formes sculpturales ou lignes épurées, teinte cristalline ou verre coloré, le flacon habille parfums et produits cosmétiques de sa pureté et de sa noblesse.
Véritable facteur de différenciation, le parachèvement signe l’appartenance à une marque et confère au flacon sa personnalité. SGD* maîtrise les techniques de décor les plus pointues et propose la palette de procédés de parachèvement la plus large : sérigraphie, thermolustrage, décalcomanie, marquage à chaud, décor au laser, dépolissage, sablage, plastification, ou encore collage d’une pièce rapportée. Autre procédé de plus en plus utilisé, le laquage permet la création de couleurs et d’effets originaux presque infinis : opaques, translucides, nacrés, irisés, multi-couleurs, métallisés, pailletés …
Désormais, la différence se joue par la création et par l’innovation qui s’harmonisent avec les tendances du moment. Notre défi est la maîtrise des nouvelles technologies et la recherche de nouveaux effets. Nos clients cherchent à se différencier par des effets visuels, des formes, des couleurs, etc. Nous développons et enrichissons notre offre en permanence pour anticiper leurs demandes et illustrer notre savoir-faire.
Quelle est votre démarche pour innover ?
SGD bâtit un programme annuel de R&D/Innovations pour ses 2 métiers : le verre et le décor. Sur le verre, SGD propose près de 400 teintes de coloration dans la masse, tandis que des équipes entièrement dédiées à l’innovation travaillent en permanence à l’élaboration de nouvelles teintes. Elles effectuent également des recherches approfondies sur les traitements de surface et les nouvelles techniques de parachèvement.
Avez-vous une approche marketing différenciante ?
Depuis 3 ans, SGD illustre son savoir-faire en décor par une mise en perspective imagée et musicale. Réalisé en collaboration avec une agence de styles spécialisée dans la mode, ce Cahier est une adaptation au marché de la parfumerie des grandes tendances psycho-socio, en particulier dans le domaine de la consommation.
La présentation est divisée en quatre grandes tendances. Chacune d’entre elles est déclinée en cinq rubriques, composées d’images et de mots-clé : la rubrique “atmosphère”, qui plante le décor et donne le ton ; les parties “matières et couleurs” et “formes”, présentant une traduction sensorielle de la tendance ; la rubrique “décors”, qui expose des objets de la vie quotidienne imprégnés de cette tendance ; et enfin, la “simulation”, proposant son incarnation parfaite et insolite dans le flacon idéal. Chacun de ces quatre voyages s’achève par les “réponses produits” de SGD : les flacons de la Collection, sa gamme de modèles standards, version tendances, illustration de la capacité d’adaptation et du savoir-faire de la société en matière de parachèvement.
Cette démarche marketing innovante, une première dans l’industrie du verre, permet à SGD de s’éloigner du discours strictement industriel et d’apporter une valeur ajoutée à ses clients, en les invitant à se projeter dans le futur. En outre, le Cahier de tendances ouvre également des opportunités de co-développement en matière de parachèvement et permet à la société de s’inscrire dans l’air du temps.
De quels moyens disposez vous ?
Fin 2004, SGD a crée dans son usine de Mers-les-Bains, en France, une entité entièrement dédiée à l’innovation et au développement : l’Atelier de Création. Cet Atelier, dédié au verre et au décor, est un outil unique pour engendrer de l’innovation. C’est ici en effet que naît un flacon, depuis la conception assistée par ordinateur jusqu’à l’échantillonnage en verre nu, de l’élaboration des plans à la conception des outillages. C’est également là que le décor des flacons est mis au point, de la recherche de teinte à la réalisation de pré-séries. Enfin c’est encore dans l’Atelier de Création que s’effectue la recherche d’effets innovants sur le verre grâce au travail de nouveaux pigments, à la mise au point de nouvelles technologies, à l’élaboration de nouvelles matières, teintes, laques… Bref, c’est à l’Atelier que nous mettons en musique toute l’alchimie de nos nouvelles couleurs !
*Avec une présence industrielle en France, aux Etats-Unis, en Espagne, en Allemagne, en Russie, au Brésil et en Chine, SGD est leader mondial du flaconnage verre parfumerie-cosmétique et pharmacie. La société réalise la moitié de son chiffre d’affaires dans la parfumerie et couvre les segments du haut de gamme et du ‘middle&mass’. Mû par sa passion de l’innovation et la quête permanente de nouveaux défis, SGD mobilise son expertise et sa créativité reconnues dans le monde entier au service de ses clients et propose des flacons aux formes et aux décors des plus simples aux plus complexes. Catherine Descourtieux en est directrice Marketing Parfumerie et Anne Collin, chargée de l’innovation. Entretien réalisé en 2007, par Frédéric Rossi-Liegibel, pour le livre Alchimies, Couleurs, matières, lumières, pour l’agence Extrême Paris – Photo de Mathias Walter®
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Le terme jaune fait référence à la jaunisse p: la fièvre jaune est une maladie hémorragique virale aiguë transmise par des moustiques infectés. Il existe beaucoup définitions du jaune qui désignent à peu près la même couleur: c’est la couleur du citron, l’écorce de ce fruit étant une référence spontanée à la couleur jaune dans de très nombreuses cultures ; c’est la couleur de la lumière, en synthèse additive, c’est le mélange des lumières rouge et verte; c’est la complément du violet ; une des trois couleurs primaires, c’est la base de l’impression en couleur, de la quadrichromie.
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Pour Frank Pflieger, responsable marketing international pour le packaging et Philippe Schaner*, directeur commercial, les industriels de la couleur ont pour tâche, de créer un objet, de provoquer la séduction. La couleur n’est plus alors un alibi, un prétexte à émotion, elle est l’émotion même.
“Nous proposons 5000 références destinées aux produits standard, ainsi que de nombreux produits sur mesure, adaptés à un univers du luxe toujours attentif à se démarquer et à affirmer fortement son identité.”
L’innovation et la réactivité stimulent la créativité. Développer des matières uniques, inventer de nouvelles surfaces et proposer des prototypes en un temps record : voici ce qui fait notre différence et notre culture.
Notre créativité remonte aux années 60, au début de la démocratisation et de le globalisation des produits de luxe. Certaines marques se sont tournées vers le développement de produits et d’emballages plus accessibles, aussi bien en termes de coût que de facilité de fabrication. Philippe E. Winter**, qui avait parfaitement analysé et anticipé cette tendance, eut l’idée de mettre au point un nouveau type de produit : la gamme Skivertex. Depuis, nous avons sans cesse amélioré notre offre, avec de nouveaux aspects plus techniques, tels la fibre de carbone, l’aluminium martelé ou brossé, les surfaces irisés et aspect bois, adaptés aux besoins créatifs modernes. Aujourd’hui, nos principaux produits sont utilisés par de très nombreuses marques, et sont devenus des références de qualité : Skivertex, Pellaq, Nabuka, Quinel, Wintan, Wibalin, Toile du Marais…
En tant que Créateurs de Matières, notre ambition est d’inventer et de mettre au point des produits innovants. Une vingtaine de projets sont en permanence en développement dans nos bureaux. Les grandes marques avec lesquelles nous collaborons reconnaissent notre savoir-faire et sont attentives aux possibilités créatives que nous leur proposons. Quand nous dévoilons des nouveautés, nous souhaitons être originaux et différents. Pour impressionner et séduire, il faut que ce soit spectaculaire.
Quels sont les déclencheurs de nouvelles idées ?
C’est un savant mélange entre les attentes du marché et les tendances que nous identifions. Afin de répondre aux demandes de certains pays, il faut réajuster ou enrichir certaines gammes. Parallèlement, nous imaginons des créations en rapport avec la mode. Nous réalisons chaque année un panel de tendances couleurs et matières dans l’univers de la haute couture, l’un des secteurs qui “donnent le ton”.
L’autre source provient des demandes spécifiques de coloris ou de matières de la part de grandes marques. Celles-ci nous encouragent à trouver de nouveaux matériaux, de nouvelles surfaces et, par ces nouvelles combinaisons de grains et de finitions, nous concevons un produit avec un toucher et un visuel exclusif. Afin d’avoir un impact fort auprès des marques, il faut être en mesure de présenter un produit finalisé particulièrement créatif. Ainsi, lorsqu’une marque veut développer un nouveau packaging dans une matière particulière, nous réalisons des échantillons de laboratoire suffisamment grands pour qu’ils puissent les mettre en volume. On s’aperçoit également que les attentes du marché sont de plus en plus variées. Chaque marque tient à créer un univers qui lui est propre. Les tendances fortes ne sont pas nécessairement identifiables. Nous devons avant tout rester des apporteurs d’idées. C’est notre vocation, mais en réalité c’est avant tout une véritable passion.
Quelle est votre démarche pour innover ?
Notre société a gardé une taille humaine. Notre circuit de décision et de communication est simple, transversal, rapide et nous permet une grande réactivité. En outre, nous sommes disponibles et à l’écoute partout, grâce à notre présence internationale, et nous maintenons notre créativité toujours en éveil. Et, parce que nous n’avons pas la contrainte de la fabrication, nous pouvons nous concentrer sur les recherches.
Quels avantages voyez-vous à l’externalisation de la production ?
Nous pouvons réagir plus rapidement. Grâce aux relations que nous avons avec nos partenaires, nos idées sont finalisées sans perte de temps ni de créativité car nous travaillons ensemble et en direct. Les possibilités sont énormes ! Tous les deux ans apparaissent de nouvelles technologies qui ouvrent une infinité de champs d’applications.
Vers quels secteurs ou segments envisagez-vous de porter vos efforts ?
Nous maintenons nos efforts sur tous les marchés où nous sommes présents : l’horlogerie, la joaillerie, les parfums, les spiritueux, le tabac, les chocolats, l’édition… Et nous souhaitons développer le secteur des parfums et des cosmétiques. L’étui pliant est à réinventer. La valeur ajoutée que représente un grain de surface ou un toucher unique n’a pas encore une notoriété suffisante, mais nous connaissons nos premiers succès.
*Frank Pflieger, responsable marketing international pour le packaging et Philippe Schaner*, directeur commercial pour Winter Company. Entretien réalisé en 2007, par Frédéric Rossi-Liegibel, pour le livre Alchimies, Couleurs, matières, lumières, pour l’agence Extrême Paris – Photo de Mathias Walter®
**Groupe international, Winter & Company, fondé en Suisse en 1892, était à l’origine spécialisé dans le commerce du cuir. Aujourd’hui, l’entreprise a acquis dans le monde entier une solide réputation grâce à un assortiment très large de matières créatives et de grande qualité, principalement sur deux marchés : l’édition et la papeterie, et le packaging traditionnel et de luxe.
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Violet – Peau - “Instable couleur, interdite dans la fresque, chacun d’entre nous (coloristes) cherchent à la maîtriser dans ces étranges subtilités de la pourpre à la prune. Du goût de myrtilles aux feux de l’améthyste, le violet excelle dans l’obscur, c’est le miroir mental de chacun.“ “Le violet créé une interaction entre la technique de lumière et la technique de maquillage. Il suffit simplement de mettre de légères couches de violet pour être à la limite de sa peau naturelle. Il faut qu’on s’accorde pour créer un mélange de pigments adaptés à la peau et laisser la lumière prendre le relais. Le plus beau, ce sont les reflets blancs.“ “C’est un contraste violent, presque de l’expressionnisme. Oui, le violet est beau sur une peau noire ; c’est plus intéressant que quelque chose de léger, du jaune ou du rose, par exemple. Bien sûr, je n’ai pas travaillé la couleur de la même façon que sur une peau claire, c’est un vrai travail de maquillage. Il faut partir dans les couleurs plus appuyées, pour obtenir mille nuances de blancs, autant de bruns et de noirs.“


Violet – Pigments – “Le violet n’est pas une couleur facile, elle se défend. Aujourd’hui on la nuance, on lui rajoute des effets, qui viennent l’éclairer de l’intérieur.“

Violet – Encre - “Le violet est une couleur instable qui recherche sa force entre le rouge et le bleu. Elle devient grandiose sur du métal. Tout est dans la subtilité.“

Violet – Plastique - “Le violet d’aujourd’hui est moins tranchant que ceux que l’on trouvait avant. Il est plus proche du gris violacé ; il est très léger, c’est un mauve subtil et presque dur. C’est une couleur difficile ; chez nous les pigments se dénaturent. Si je les mets à la lumière, ils s’éclaircissent ; alors on les contretype de façon différente, sans utiliser le pigment de base.“
Violet – Métal – “Le violet a des connotations en Europe assez chargée, c’est une couleur sexuelle ou au contraire religieuse, elle est empreinte à la fois de côtés sulfureux et érotiques. Il faut bien réfléchir à chaque fois : Est-ce que c’est une vraie tendance ? On l’a vu apparaître, disparaître, réapparaître… C’est une couleur intéressante parce qu’ elle suscite des antagonismes assez importants.“

Violet – Verre - “La famille des violets regroupe aussi bien des parmes, qui bornent la frontière des bleus ciel et imagent parfaitement la pureté et la fraîcheur , que des tons aubergines, qui eux sont beaucoup plus axés vers les nuances sombres et rouges. L’union de 2 couleurs permet à la teinte violette d’évoluer dans un domaine très spacieux. La photo choisie pour le projet “Extrême couleur” présente des tons violets très sombres qui devaient être magnifiés afin d’attirer le regard.“

Violet – Papier - “Le violet a un côté magique. Il peut être intense ou très léger. Mais il ne laisse jamais indifférent !
Avec le violet, tout est question de densité, mais si on le densifie, il perd de son éclat, la couleur devient lourde.“
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Couleur de l’apaisement, évocation du passage entre ce qui est encore et bientôt ne sera plus. Certains ont toujours le souvenir ému des taches d’encre violette sur leurs doigts d’écoliers. Le violet serait-il passéiste ?
Violent, expressionniste, le violet c’est aussi le noir. Nuancé, support d’effets, éclairé de l’intérieur, ce n’est pas une couleur facile, il se défend. Le violet est construit de rouge et de bleu, à proportions égales. Il agit sur la matière par son intensité, du plus clair au plus sourd. Allégé de blanc, il parle de la fraîcheur des lilas. Mais si on le densifie, il perd de son éclat, la couleur devient lourde. Profond et presque noir, il évoque le demi-deuil, la nuit et la mort.
Tiraillé dans ses connotations européennes entre l’érotique sulfureux et le sacré, il n’en est pas moins en quête de simplicité : tout est question de densité ; attiré par le rouge ou le rose, tout est dans la subtilité, car tout le dénature.
Violet émotion…
Moins timide que la fleur dont il tire son nom, la violette, foncé, il invite aux agapes : aubergine, prune, cassis, lie de vin. Pâle, il devient mauve, lavande, et ravit les sens. En cuisine, le violet semble voué à l’élément liquide, à la liqueur, au coulis, au sorbet.
Est-il violet violent, colère ou tension, le violet est noir aussi ? Doux comme une subtile ombre mauve impressionniste ? Ou bien contraste expressionniste, ou tout cela à la fois ?
Le violet est protéiforme. Rouge ou rose, encre ou carmin, mauve ou violacé, gris ou violet très pur, laissons la lumière prendre le relais. Sexuel ou religieux, l’inconscient et le subjectif nous guettent, alors réfléchissons avant de l’employer. Le violet est une couleur difficile.
Mes mots pour le violet
gai, stimulant, transgressif, intrigant, sexuel, attractif
/Par Frédéric Rossi-Liegibel
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Le violet est une couleur, c’est la couleur intérieure de l’arc en ciel, une des extrémités du spectre visible. Le violet est aussi un mélange de bleu (environ 60% de luminosité) et de rouge (environ 40% de luminosité) en synthèse additive (codage RVB), ou d’un mélange de magenta (environ 60%), de cyan (environ 20%) et de noir (environ 40%) en synthèse soustractive (pigments – codage CMJN). (Lire la suite…)
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Après un Dictionnaire des couleurs de notre temps (Bonneton, 1992), et une exploration des Rayures (Le Seuil, 1995), M. Pastoureau nous donne une synthèse sur l’histoire sociale du bleu en Occident (histoire religieuse, politique, littéraire, artistique, mais aussi économie et technique des teintures, héraldique ou sociologie), à l’illustration de son propos fondamental : “c’est la société qui fait la couleur […] pas l’artiste ou le savant ; encore moins l’appareil biologique de l’être humain ou le spectacle de la nature“.
Dans son livre (une référence), on suit de l’Antiquité à nos jours, les mutations de la couleur. Ou, plus exactement, des systèmes socio-symboliques qu’elle accompagne, concrétise et organise. La couleur sert d’abord à classer, c’est-à-dire à distinguer et opposer des objets, des fonctions, des personnes. Ce principe structuraliste de base est valable pour tout champ d’étude ; encore faut-il arriver à dégager, de la prolifération du réel documentaire, un système simple, quelques axes et valeurs, un ordre. Quel est donc celui des couleurs en Occident ? michel Pastoureau le fait parfaitement c’est en cela que ce livre reste à ce jour inégalé.
De l’Antiquité au 12e siècle, le système de base est tripolaire : le blanc s’oppose au noir et au rouge, la couleur bleue est “silencieuse“, c’est-à-dire non intégrée à un système de valeurs.
Le bleu change de statut au 11e siècle. Il se fixe, dans l’iconographie, comme couleur du manteau de la Vierge. D’abord religieux et marial, il éclate dans les vitraux gothiques. Puis il entre en politique et devient l’emblème du roi de France vers 1130. Le rouge reste impérial et papal, mais le bleu devient royal.
Entre les 15e et 17e siècles, le bleu devient une couleur “morale“ : premier support de signes dans une société alors en pleine transformation, ni prescrit ni interdit, le bleu est libre. Une nouvelle sensibilité chromatique s’installe : le noir et le blanc quittent l’univers des couleurs.
Enfin, du 18e au 20e siècle, le bleu triomphe. L’invention, vers 1720, de la gravure en couleurs prépare la réorganisation du système autour de la triade rouge/ bleu/ jaune, futures couleurs primaires.
Puis le bleu politique se mondialise en couleur de la paix et de l’entente (ONU, Europe). Côté vestimentaire, le noir se transforme en bleu marine, autour de 1930, sur presque tous les uniformes (marins, mais aussi policiers, pompiers, facteurs), et le bleu civil s’impose via le jean.
/Par Frédéric Rossi-Liegibel /Michel Pastoureau, Bleu. Histoire d’une couleur, Seuil, Points Histoire, octobre 2000
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Le nom d’Yves Klein évoque le bleu outremer de ses tableaux monochromes. Ces peintures procurent l’impression de plonger dans la couleur pure.
Yves Klein a lui-même associé son nom au bleu de ses tableaux en le baptisant du sigle IKB, International Klein Blue*.
Mais les monochromes bleus ne sont que la face la plus visible de son art, comme le dit Klein lui-même : “mes peintures ne sont que les cendres de mon art“. à partir de cette déclaration, on situe les Monochromes bleus dans un ensemble plus vaste, comme la première étape d’un travail qui prend appui sur le visible pour franchir le seuil de l’invisible. Couleur de la sensibilité, le bleu sera relayée par l’or, matière de la transaction et puis par le rose figurant la chair. constituent le lien qui unit la chair et l’esprit et assure la transition de l’un à l’autre. L’interprétation de l’œuvre d’Yves Klein, centrée autour du bleu, est en partie due à la courte vie de l’artiste (1928-1962). C’est réaliser la fonction qu’Yves Klein assigne à la peinture : rendre l’espace sensible, qu’il les réduit en 1957 à la seule couleur bleue, le bleu étant la couleur du ciel. En 1959, il pose l’équivalence des trois couleurs, comme en témoigne une conférence qu’il donne à la Sorbonne : “Le bleu, l’or et le rose sont de même nature“. Ces trois couleurs évoquent la “trinité kleinienne“ : rassemblés en une œuvre, le bleu, l’or et le rose**
Mais, les Monochromes bleus sont imprégnés d’un quelque chose de plus que la matière tangible qui les transforme en œuvre d’art. Preuve en est lors de leur première présentation au public en janvier 1957, à la galerie Apollinaire de Milan, bien qu’identiques, les onze tableaux exposés ne sont pas appréciés de la même manière par le public : ils sont vendus à des prix différents. Klein en conclut que chaque tableau, en plus de sa réalité matérielle, est imprégné d’une qualité immatérielle qui le distingue des autres. Dès lors, Klein accordera à la matière des futurs IKB* un soin particulier, comme si elle conditionnait le pouvoir du tableau à capter ce qui le transformera en œuvre d’art.
*Autour de 1957, il élabore une matière épaisse avec des reliefs, notamment grâce à des éponges, qu’il étale au rouleau pour qu’aucune aspérité ne contrarie la couleur et invente une résine synthétique pour ses pigments outremer sans les ternir. C’est ce mélange qu’il baptise du nom de IKB, et qu’il fait enregistrer à l’Institut National de la Propriété industrielle, sous la forme d’une enveloppe Soleau.
** lire article or – Yves Klein / rose – Yves Klein
/Par Frédéric Rossi-Liegibel /crédits photo crdp-reunion/yves /klein/ E.Levasseur & M.A. Blanchon
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Pour Jean Philippe Gautier*, les industriels de la couleur ont pour tâche, de créer un objet, de provoquer la séduction. “Actuellement, notre Graal, c’est de faire l’arc-en-ciel, c’est-à-dire une couleur qui change en fonction de l’angle de vision.”
Chez Merck, l’innovation est une composante majeure de notre stratégie d’Entreprise ; elle nous permet d’évoluer en permanence et d’être différent de nos concurrents. Le marché des pigments à effets s’est beaucoup développé ces dernières années et tend aujourd’hui à se stabiliser. Un pigment à effet n’est pas un simple « gadget » soumis aux effets de mode, c’est avant tout une composante majeure de la couleur : celle qui lui donne vie et la rend différente des autres couleurs. Sur certains marchés, il n’y aura jamais 100 % d’utilisation d’effets nacrés, il faut innover en permanence pour renouveler les propositions et séduire de nouveaux utilisateurs. Par notre positionnement dans la chaîne de production, nous sommes éloignés du produit final, donc des marques. Nos clients sont des intermédiaires de production : ils transforment nos pigments bruts dans divers matériaux (plastiques, peintures, papiers et encres) et les revendent à des industriels, fournisseurs des marques (injecteurs, imprimeurs, …). Parce qu’il y a un vrai décalage entre la perception du consommateur et la réalité du produit, il nous a semblé nécessaire d’entreprendre un véritable travail d’éducation autour de la couleur. Merck a donc décidé de travailler directement avec les marques, les designers, les agences de création, pour leur exposer ses savoir-faire, les mettre à leur service, et les accompagner tout au long du développement d’un projet. À présent, nous ne sommes plus perçus comme un simple fournisseur de matières premières mais aussi comme un apporteur d’affaires.
Et comment gérez-vous l’innovation ?
Une plate-forme gère l’innovation de façon transversale, sélectionne les projets et les décline. Notre politique d’innovation implique des relations entre les directions des filiales, au niveau des laboratoires de recherche. Nous avons lancé une démarche d’innovation tant en termes de produits que de services à destination de nos clients, même sur les gammes standard. Aujourd’hui, nous sommes en mesure de leur proposer des produits plus adaptés, des services personnalisés. Par exemple, nous leur soumettons des propositions de nos coloristes.
Quelles perspectives cette démarche innovante ouvre-t-elle ?
Nous développons de nouveaux types de supports synthétiques capables de réfléchir la lumière de façon plus régulière et plus prévisible que le traditionnel mica. En outre, l’usage de supports innovants engendre de nouvelles recherches d’effets. On peut jouer sur une combinaison matière/couleur/sensation. La tendance est à la création de produits de plus en plus complexes et multi-fonctions. On ajoute quelque chose à la couleur. Par exemple, on peut imaginer des couleurs thermo-chromiques qui varient selon l’intensité de la chaleur. On peut envisager de développer des pigments qui réfléchissent la chaleur et permettent de diminuer la température dans les bâtiments. Certaines gammes fonctionnelles étant conductrices, elles dispersent l’électricité. Toutes ces perspectives poussent aux prouesses techniques. Bref, il y a une multitude de pistes possibles ! Ces recherches peuvent favoriser de nouveaux partenariats, avec des entreprises fabricant des additifs, par exemple. Autant de sources de nouvelles rencontres, d’émergence de nouvelles compétences. En se décloisonnant, on apprend plus vite, on brise les paradigmes !
Quelles tendances percevez-vous en matière de couleur ?
Aujourd’hui les couleurs ne sont plus monochromes, elles sont changeantes, joueuses, surprenantes; tous les effets métalliques ou irisés sont aujourd’hui en vogue car ce sont eux qui autorisent le jeu avec la lumière. 40 % des teintes mondiales en automobile sont réalisées à partir de pigments nacrés : les creux et bosses des carrosseries se revoient la lumière dans toutes les nuances possibles. Même dans le domaine des peintures décoratives, des enduits, des stucs intègrent des vernis contenant des pigments à effets.
Le secteur automobile qui stagnait autour d’une uniformité de gris, semble de nouveau se tourner vers les rouges et les bleus. Et comme il y a des passerelles de plus en plus fréquentes entre secteurs, les marchés s’inter-influencent …Toutes les évolutions sont permises.
*Jean Philippe Gautier est responsable, pour Merck, de la de la division pigments. Entretien réalisé en 2007, par Frédéric Rossi-Liegibel, pour le livre Alchimies, Couleurs, matières, lumières, pour l’agence Extrême Paris – Photo de Mathias Walter®
**Merck KGaA est le plus ancien groupe de pharmacie et de chimie au monde. Avec environ 40 000 salariés, Merck est présent dans 70 pays. L’activité Chimie est organisée autour de 4 divisions. Parmi elles, la division Pigments est en charge des domaines liés à la coloration des matériaux (plastiques, peintures, vernis). Ses marchés sont très variés : peintures pour l’ automobile ; revêtements (peintures décoratives pour verre, produits de téléphonie mobile, produits d’ameublement,…) ; coloration des matières plastiques (du flacon de shampoing aux chaussures de ski); papier et imprimerie ; aspect décoratif des produits cosmétiques.
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Est-ce qu’il y a des grands principes sur la couleur ?
Oui, absolument. En fait la couleur repose sur deux grands principes. Le premier, Sa naturalité. La couleur, ce sont des pigments, de la matière qui la compose et de la lumière qui la met en valeur. Elle pré existe à l’homme. L’autre grand principe logique est que cette couleur existe de façon sociétale. (Lire la suite…)
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Le bleu est la couleur du ciel de la mer et de la Vierge et de l’Occident.
Le bleu (de l’ancien haut-allemand « blao » = brillant) est une des trois couleurs primaires. Sa longueur d’onde est comprise approximativement entre 446 et 520 nm. Elle varie en luminosité du cyan à une teinte plus sombre comme le bleu de Prusse.
Le bleu étant particulièrement rare dans les aliments, certaines bonnes pratiques d’hygiène et sécurité recommandent que des objets qui risquent de se retrouver par inadvertance dans le processus de fabrication de nourriture soient bleus (poils de pinceau, balais ou balayette, tissus, bouchons, etc, de manière à les repérer plus facilement)/ Wikipedia.

chaleur : roseaux place Pigalle
Sensations de plaisir aquatique provoquées par ces structures horizontales, striées de vert, de bleu, qui flottent, sur un fond turquoise. On croit entendre l’eau chanter.
Le bleu renvoie au ciel d’été, au soleil, au farniente, mais les couleurs fortement contrastées évoquent aussi des propositions de séjours organisés.
viril : cosses de graines
La concentration de ces cosses vides, monochromes, évoque un foisonnement actif, voire un processus de teinture.
Le travail sur la couleur, les ombres bleutées, donne un sentiment de chaleur conviviale. C’est le bleu dans son expression la plus simple : primaire.
cruel : pointes de feuilles d’ananas
C’est l’atmosphère marine qui domine avec ses formes triangulaires, veinées. Images de voiliers, de pêche sous-marine, de poissons des mers chaudes
Le bleu d’une douce brillance nappée d’un vert translucide évoque aussi une matière en attente de transformation (procédé de conservation par fumaison ou glaciation).
gastronome : emballage de légumes
La couleur crée aussi bien des images d’enfance, d’encre violette, de taches sur les doigts, de rentrée des classes que des envies d’évasions : le bleu des volets des maisons méditerranéennes qui claque au soleil.
Vision japonisante d’un origami de papier bleu violacé foncé, couleur accentuée par endroits d’un vernis plus soutenu.
noble : bandes plâtrées
Les sillons horizontaux, les zones tirant sur le noir, ponctués de blanc, l’aspect fibreux évoquent des fonds marins, un tissu laineux
Le bleu franc, violent (un bleu nuit, un vernis brillant) renvoie aux profondeurs abyssales sombres et mystérieuses. Un univers masculin.
thérapeutique : ciment
Sous le bleu violacé, le gris originel se devine Entre poésie et pollution est-ce une collection de cailloux ramassés par un enfant sur une plage bretonne ou des macules de peinture, souvenirs de volets repeints dans la maison de vacances ?
Ce bleu évoque tout aussi bien la couleur thérapeutique et apaisante des salles chirurgicales que les salissures des travaux de rénovation.
/Par Frédéric Rossi-Liegibel
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Bleu – Peau - “Bain infini dans l’intensité des creux, reflets cobalts qui stabilisent nos émotions, la matière bleue crée un lien de vie et de bonheur. Lapis-lazuli ou Outremer, couleur fondatrice de l’Occident, sa quête (technique) nous vient d’Orient.“ “Cette couleur change en fonction de la réflexion de la lumière. Selon l’angle, les effets repartent au rouge, au vert ou au violet. C’est relativement incontrôlable, assez catastrophique. Pourtant, ici, le concept est très abouti ; il n’y a quasiment pas de lumière, ce qui est assez rare, ce n’est que du reflet; et ça, au flash, c’est impossible à obtenir. Le regard conjugue à la fois ce côté aléatoire d’un plan d’eau l’été et cet aspect surréaliste de la lumière de la nuit en rase campagne.“
“Le bleu est une couleur qu’il faut contenir ou au contraire aider à s’étendre. Pour moi, quelle que soit la couleur et encore plus sur une peau vivante, il faut réchauffer les couleurs froides, leur donner un sens vivant en jouant les complémentaires. Tout dépend des couleurs voisines. Quand on met du bleu à côté du vert, c’est très facile de basculer le bleu dans le vert ou inversement.“

Bleu – Pigments - “Le bleu est plutôt calme, très difficile à dynamiser. Seul Yves Klein était parvenu à respecter le pigment, à ne pas le mélanger.“

Bleu – Encre - “Le bleu est la couleur que l’on utilise quand on ressent le besoin d’être rassuré. C’est la couleur nourricière, couleur de base par excellence. Le bleu, c’est l’eau et le ciel. C’est une couleur qui a donc une grande dimension environnementale, on y associe presque toujours le calme et l’équilibre.“

Bleu – Plastique - “Le bleu est tellement utilisé dans nos métiers, qu’il en est devenu très complexe. Il est difficile de lui apporter une note nouvelle.
Sur certains projets, la forme est très influente. Elle ouvre ou limite le travail sur la couleur, surtout en fonction de la lumière qui ajoute de la matière, de la sensualité, de la douceur. En retour, certains effets, certains tons ne vivent pas sans les formes : la nacre, par exemple, venue en interférence, pourra être fade sur un aplat. Ce n’est pas que la couleur n’est pas belle, c’est juste qu’elle n’arrive pas à se transformer.“
Bleu – Métal - “Un bleu céladon, ce n’est pas un bleu roi ou un bleu ciel. Avec cette couleur, on a une infinité de choix. Tout est permis.“

Bleu – Verre - “Le bleu est une couleur qui éveille les sens et capte l’œil du coloriste. La palette de couleur des bleus est considérable. Elle oscille entre les bleus ciels, évolue vers les outremers, cyans, et s’éteint sur les marines. Le bleu, couleur omniprésente de notre quotidien, est fascinant.“

Bleu – Papier - “Le bleu reste un incontournable dans toutes les gammes de nos produits. Il y a une telle variété dans les tonalités de bleu que nous découvrons encore de nouvelles possibilités. On veut un bleu inspirant pour transcender quelque chose, pour rééquilibrer.“
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