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Baptisés “parcours d’influences“, trois cabinets de tendances étudient les styles de vie, les tribus récemment formées, et les confrontent à la mode et au design. Alors que proposent-ils cette saison ?
En balayant les objets qui vont être dévoilés du 3 au 7 septembre prochain, ils se sont entendus pour travailler sur la frontière entre vie publique et vie privée. Pour les uns, le désir de recréer un territoire rien que pour soi, hors de l’agitation du monde, s’avère essentiel. Pour d’autres, il s’agit de mettre en scène des désirs violents. Un parcours avec comme fil conducteur cette question : la décoration de la maison dévoile-t-elle nos zones d’ombre et de lumière ?*

Vincent Grégoire (NellyRodi) dans Please disturb exhibe une intimité surexposée, en révolte contre le conformisme ambiant, l’extravagance et la dérision. Il fait voler en éclats les codes esthétiques et brutalise sans vergogne la matière et les formes. Cabossés, brûlés, bandés ou troués, place aux objets malmenés. Son choix offre une expression ouvertement érotiques.
Une nouvelle fois le travail de Vincent se veut en rupture, comme tous les six mois d’ailleurs. c’est une des particularités de son approche, savoir brûler tout ce qu’il a construit précédemment, quitte à apparaître dans l’espace qui lui est dévolu, comme un peu brouillon, mais tout s’efface devant la joie transmise par ces néologismes.

François Bernard dans Microcosmes prend le contre pied d’un monde bruyant où l’on est surexposé. Pour lui l’époque aspire à retrouver le silence intérieur d’un objet qui s’imbrique dans le lieu, où le confort en quête de sérénité, de discrétion recrée des espaces pour soi où prédominent la poésie.
D’année en année, “François le secret“ introduit ses observations des produits proposés par les exposants (n’oublions pas que les parcours sont un reflet de la proposition marchande). Mais ses observations sont toujours contextualisées et c’est ce qui donne sa force à son espace à mi-chemin entre exposition et rendu d’étude.

Elizabeth Leriche dans Archaic Shelters propose de nouvelles protections pour retrouver la paix intérieure. Un refuge où le besoin de réconfort répond au besoin d’intimité. Du fragile au brut, de la plume à la pierre, en passant par les peaux animales, le design et l’architecture emprunte à la nature pour recréer son nid.
La proposition d’Élisabeth se situe en droite ligne de ses analyses passées. La même poésie se dégage de son travail : elle appuie par ses dévoilements ce mouvement décoratif et design qui se maintient dans le design depuis les Tsé Tsé jusqu’à Constance Guisset, en passant Élise Foin.
*L’Observatoire présente la 17ème édition du cahier d’inspirations sur le thème de l’intime, le parcours des influences 2011. Maison & Objet nous pose la question de savoir “que reste-t-il d’intime dans une époque surexposée qui oscille entre exhibition, discrétion et transgression et désir de sérénité ? Les Cahiers d’Inspiration issus de la collecte sont magnifiques, mais pas faciles de décoder ces grandes revues dans lesquelles se côtoient des petits bouts de tissus et de jolies couleurs.
Mais peut-être ne faut-il pas chercher à y voir autre chose qu’un magnifique objet de collection, qui enrichit nos bibliothèques et notre imaginaire, sans se poser la question du renouvellement tous les six mois.
Image 1 Vincent Grégoire (NellyRodi) /Please disturb /fauteuil showtime /Jaime Hayon - image 2 /François Bernard /Microcosmes /Meuble de rangement Segreto /frères Campana /Edra - image 3 – Elizabeth Leriche /Archaic Shelters /Orbit Love Seat /en illustration, la campagne de communication de l’INPES pour remobiliser le grand public face au SIDA et lutter contre les discriminations.
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Après le temps du chacun pour soi, la nouvelle décennie fédère les énergies sous le mode du partage et du lien restauré. La maison devient l’espace d’une nouvelle urbanité qui réconcilie les différences. La nouvelle combinatoire du quotidien invite à jouer collectif.
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Les styles anticipent le changement majeur du mieux-être à visage humain. L’art et le design font cohabiter les diversités et les savoir-faire. Des géographies imaginaires effacent les frontières entre le proche et le lointain.
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A l’heure de l’urbanisation extensive de la planète, la ville et la nature se réconcilient pour adoucir les moeurs citadines. Il faudra bien apprendre à vivre les uns avec les autres, à concilier les générations diverses, les familles à géométrie variable, les cultures d’ailleurs, la ville et la nature dans un univers de plus en plus urbain. Un monde en surcharge recherche des manières alternatives d’être ensemble.
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Jaime Hayon* serait il un designer d’avant la crise ? Merveilleux, créatif, le clown de Barcelone développe ses idées sans aucune crainte d’un résultat de bon goût ou kitsch : il est cette année “créateur scènes d’intérieur“ pour Maison & Objets.
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Créateur, designer et architecte, insolite et polymorphe, en dehors des conventions et toujours présent dans notre quotidien, Philippe Starck* crée des objets “bons“ avant d’être beaux.
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“0, les vieilles questions, les vieilles réponses !“
Cela fait juste soupirer, chaque année le même rituel. D’abord la frénésie collectivo-hystérique, “les Cadeaux de Noël“, suivie par la dépression, elle même surmontée par le sentiment de l’absolue inutilité de ces cadeaux.

A Noël va succéder janvier et Maison et Objets. Maison et Objets, c’est notre Nouvel An avec son nouveau design et ses dix ans. Alors pour le rendre fort et clair (à Paris et au reste du monde) les choses doivent-elles demeurer sur cette voie ou changer ?
Nos vœux pour la nouvelle année :
Ne rien changer, aller à Villepinte, faire la queue sur le quai du RER et revenir (très) vite intramuros et profiter de la vie parisienne et se rendre compte qu’il n’y a pas d’extension du salon dans la Ville. Pourtant, M&O est un des points de visibilité et d’attrait de la Ville Lumière.
Au contraire tout changer, ce que nous voulons c’est un Salon plus vif, plus passionnant, plus jeune et plus (grand) ouvert sur la Ville, qui accompagne « le boom du design“ et s’éloigne de la décoration.
Que M&O soit ambitieux, qu’il incite les innovations et les fasse revenir à Paris, que la Lombardie cède un peu de son monopole de machine fascinante à produire du design. Néanmoins, retenons notre souffle, Paris n’a pas dit son dernier mot, espérons que M&O prenne la parole, d’autant plus que pour ‘Il salone del mobile’ à Milan, il faut attendre fin avril.
Dernier vœu. Ne pas se retrouver dans un an avec les mêmes vœux et les mêmes cadeaux issus des stands des exposants. Si si ! vous savez, se voir offrir par un proche un ‘objet’ que nous avions détesté sur le salon mais que lui, le découvrant vendu dans sa boutique préférée de décoration et design, a acheté se disant fièrement “Andrée va adorer cet objet vraiment design !“
Pour ces bonnes raisons ne retardons pas ces questions à la fin du salon professionnel. Parce qu’à la fin, on n’en finit pas, de ne pas finir, au risque que janvier ne soit plus à terme synonyme que de maison et d’objets.
Now! design à vivre fête ses dix ans. La célébration de cet anniversaire est l’occasion pour le salon de mettre à l’honneur une figure incontournable de ce mouvement polymorphe. Philippe Starck. En parrainant dix jeunes créateurs il montre, s’il en était besoin, la richesse d’une relève armée pour défier les challenges du siècle amorcé : écologie, dématérialisation, crise des ressources et des énergies, nouveaux rapports sociaux sont quelques unes des problématiques qui orienterons leurs travaux.
/Par Frédéric Rossi-Liegibel /photo/ copyright Paris sous la neige en janvier les-invalides_03/ laurent.tresson.over-blog.com
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L’air du temps se réconcilie avec le futur.
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A fleur de peau, la maison respire comme un corps vivant et hyper-sensible.
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Commémorons mai 68 ! Un nouveau pavé dans le marigot du design vient d’être lancé par notre transformiste préféré. Un nouveau slogan s’affiche : “Le design est totalement inutile“. Haro sur le contestataire qui confesse en s’excusant, d’avoir été “producteur de matérialité. J’en ai honte. À l’avenir, je veux être un fabricant de concepts. Ce sera plus utile” et là fidèle à sa rhétorique si drôle, et si incisive il se propose de bombarder “une nouvelle forme d’expression… une arme, plus rapide, plus violente et plus légère que le design“.
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