Vert – matières

Posté en décryptage couleur par frédéric rossi-liegibel le 19 juillet 2010

Vert – Peau – “Les pigments se nourrissent de chlorophylle et d’oxyde de cuivre pour transmettre cet espoir de pérennité des mers d’émeraudes, de pureté des étangs, de violence de la malachite.“ “La lumière est vraiment telle que nous l’avions imaginée dès le départ. Elle est à la fois sophistiquée et neutre. Le vert, ce  n’est que de la lumière, comme un rayon de soleil filtré par un feuillage en forêt, une couleur portée par un regard très sensuel. C’est exactement ce que nous voulons dire et montrer.“ “Le vert évoque le morbide, le maladif. Pourtant, aucune texture de peau ne refuse cette couleur ou ne la saisit pas. Alors, j’ai chauffé le vert. Comment ? Avec la peau qui est dessous ; j’ai joué avec la couleur des yeux, la carnation, l’éclairage, un savant mélange, une douce alchimie, qui l’a rendu vivant et sain.“ (Lire la suite…)

Violet – matières

Posté en décryptage couleur par frederic rossi-liegibel le 4 décembre 2009

Violet – Peau - “Instable couleur, interdite dans la fresque, chacun d’entre nous (coloristes) cherchent à la maîtriser dans ces étranges subtilités de la pourpre à la prune. Du goût de myrtilles aux feux de l’améthyste, le violet excelle dans l’obscur, c’est le miroir mental de chacun.“ “Le violet créé une interaction entre la technique de lumière et la technique de maquillage. Il suffit simplement de mettre de légères couches de violet pour être à la limite de sa peau naturelle.  Il faut qu’on s’accorde pour créer un mélange de pigments adaptés à la peau et laisser la lumière prendre le relais. Le plus beau, ce sont les reflets blancs.“ “C’est un contraste violent, presque de l’expressionnisme. Oui, le violet est beau sur une peau noire ; c’est plus intéressant que quelque chose de léger, du jaune ou du rose, par exemple. Bien sûr, je n’ai pas travaillé la couleur de la même façon que sur une peau claire, c’est un vrai travail de maquillage. Il faut partir dans les couleurs plus appuyées, pour obtenir mille nuances de blancs, autant de bruns et de noirs.“

Violet – Pigments – “Le violet n’est pas une couleur facile, elle se défend. Aujourd’hui on la nuance, on lui rajoute des effets, qui viennent l’éclairer de l’intérieur.“

Violet – Encre - “Le violet est une couleur instable qui recherche sa force entre le rouge et le bleu. Elle devient grandiose sur du métal. Tout est dans la subtilité.“

Violet  – Plastique  - “Le violet d’aujourd’hui est moins tranchant que ceux que l’on trouvait avant. Il est plus proche du gris violacé ; il est très léger, c’est un mauve subtil et presque dur. C’est une couleur difficile ; chez nous les pigments se dénaturent. Si je les mets à la lumière, ils s’éclaircissent ; alors on les contretype de façon différente, sans utiliser le pigment de base.“

Violet – Métal – “Le violet a des connotations en Europe assez chargée, c’est une couleur sexuelle ou au contraire religieuse, elle est empreinte à la fois de côtés sulfureux et érotiques. Il faut bien réfléchir à chaque fois : Est-ce que c’est une vraie tendance ? On l’a vu apparaître, disparaître, réapparaître… C’est une couleur intéressante parce qu’ elle suscite des antagonismes assez importants.“

Violet  – Verre - “La famille des violets regroupe aussi bien des parmes, qui bornent la frontière des bleus ciel et imagent parfaitement la pureté et la fraîcheur , que des tons aubergines, qui eux sont beaucoup plus axés vers les nuances  sombres et rouges. L’union de 2 couleurs permet à la teinte violette d’évoluer dans un domaine très spacieux. La photo choisie pour le projet “Extrême couleur” présente des tons violets très sombres qui devaient être magnifiés afin d’attirer le regard.“

Violet – Papier - “Le violet a un côté magique. Il peut être intense ou très léger. Mais il  ne laisse jamais indifférent !

Avec le violet, tout est question de densité, mais si on le densifie, il perd de son éclat, la couleur devient lourde.“

Rouge – matières

Posté en décryptage couleur par frederic rossi-liegibel le 30 octobre 2009

Rouge – Peau - “Couleur fondamentale. Tous les rouges s’étalent entre le vermillon, le carmin et la terre…Fortement symbolique, c’est la vie du métal dans les oxydes, celle de la lumière dans les tissus, du sacré dans les laques“.  “Le rouge est une couleur très sensuelle, très chargée, dédramatisée par un regard perçant.“ “Il y a des couleurs avec lesquelles on dérive plus facilement que d’autres. C’est aussi lié à la couleur qu’à la personnalité du mannequin. Et puis, il y a des choses que l’on refait complètement, soit parce que c’est trop éloigné du concept de départ, soit parce que la gamme des rouges ne correspond pas au nuancier ; soit encore parce qu’on ne retrouve pas l’unité de la série. Après un premier essai raté, la personnalité d’Alyssa nous a permis de réaliser une des photos les plus abouties, et en même temps l’une des plus simples en termes de maquillage.“

Rouge – Pigments - “C’est une couleur délicate, qui se salit dès qu’on lui ajoute quelque chose.“

Rouge – Encre - “C’est une couleur qui saisit les contrastes avec la lumière. Le rouge, c’est l’action, l’énergie, le bouillonnement .Couleur masculine en cosmétique, elle passionne et fascine de plus en plus.“

Rouge –Plastique - “Il y a des rouges jaunes, des rouges roses, des rouges vermillon, des rouges pâles. En plus, ce sont des couleurs qui ont tendance à dégorger, qui peuvent perdre leur éclat. Il faut utiliser pour elles des matières pigmentées qui vont troubler l’effet.“

Rouge – Métal - “Le rouge est un terme trop générique, il existe des dizaines de rouges. Parle-t-on d’un rouge masquant, terne, vif, ou d’un autre encore ? “

Rouge – Verre - “La couleur rouge évolue dans un domaine où les tons sont nommés “chauds” Le terme rouge engendre l’image du feu, de la colère, du rubis … ou encore des objets, éléments ou situations éclatants, chatoyants et provocants. Les teintes rouges sont toujours très intenses et peuvent se décliner vers des tons quasiment noirs.

La perception du rouge peut être difficile selon la couleur de l’iris de l’observateur.“

Rouge – Papier - “Le rouge, c’est la passion. Un symbole du plaisir d’offrir et de séduire. Il y a toujours un peu de rose, de vert, de bleu qui tournent autour et peuvent entrer dans la composition. Le rouge reste un classique dans le luxe : un rouge intense ou un rouge foncé.“

/Par Frédéric Rossi-Liegibel /Image initiale www.mathiaswalter.net Vignette de la Une / deValence® - Mathias Walter® – Maria Lund®

orange – matières

Posté en décryptage couleur par frederic rossi-liegibel le 10 août 2009

Orange – Peau – “Vaste spectre allant du jaune au rouge, couleur de fer aux vibrations solaires, base de cadmium, son “exploitation“ crée des braises dans les plastiques miroitants.“ “Alors qu’est ce qui fonctionne si bien ? Ce qui rapproche la photographie de la couleur, c’est cette alchimie-là, un subtil mélange de matière, de pigment et de lumière.

“L’orange est toujours à la limite du jeu entre le jaune et le rouge. Il suffit d’éclairer un peu plus, ou, dans la retouche, qu’on sature un peu plus la couleur. Tout est une histoire de chromie pour retrouver cette simplicité, pour limiter les effets.“

(Lire la suite…)

Noir – matières

Posté en décryptage couleur par frédéric rossi-liegibel le 25 juillet 2009

Noir – Peau – “Quête de profondeur, d’intensité, le noir absorbe toutes les tendances. Noir d’ivoire, noir de fumée, mat ou satiné, le noir est infini. Seule exception, le noir brillant qui boit toutes les couleurs et toutes les lumières et qui en retour offre une profondeur abyssale“.

“Comme le noir est vide de lumière, en photo, ça pose des problèmes“

“J’ai tenté de rendre la base la plus transparente possible, mais la couleur noire est beaucoup plus forte que les autres. Le noir ne doit être ni trop sec, ni trop épais, ni trop triste. Il fallait renforcer la matière, donc la vie et la nuance à l’intérieur du visage.“ (Lire la suite…)

Nouvelles perspectives au mariage de l’étain et de la couleur

Posté en témoignages par frédéric rossi-liegibel le 8 juillet 2009

Après avoir expérimenté avec succès une méthode de développement d’objets promotionnels, l’Orfèvrerie d’Anjou* a proposé aux maisons de Champagne l’association forme/couleur qu’elle venait de créer : un nouveau traitement de surface, qui ouvre de nouvelles perspectives au mariage de l’étain et de la couleur. “On se représente généralement l’étain sombre et mat, parce qu’il fut longtemps noirci par l’adjonction de plomb. C’est une erreur ! Cette pratique nocive, interdite depuis, a installé une représentation très ancrée dans l’esprit des gens. Or, l’étain est naturellement brillant.” Pascal Blandin

Comment s’est déroulée votre recherche ?

Nous disposons d’un bureau d’études centré sur les formes et un partenaire nous fournit différentes teintes. La création d’un produit se fait à partir d’esquisses, souvent  réalisées par une agence de design ou de création externe. L’étain permettant de travailler sans outillage important, nous pouvons tester et réaliser un produit en trois jours.

Où puisez-vous votre inspiration ?

Nous travaillons quotidiennement avec des créateurs de maisons de design. Nous sommes aussi sous-traitant pour de nombreuses maisons de luxe qui font des carnets de tendances. Enfin, nous sommes toujours à l’affût des nouveautés sur les salons, dans la presse, au Japon, en Russie. Alors, forcément, on finit par sentir les tendances.

Cet apport de la couleur génère-t-il des contraintes particulières ?

Oui, car l’étain est un métal vivant, très malléable. Il est fragile, se raye facilement. La couleur rehausse les tonalités métal, mais elle met aussi en exergue les défauts, les soudures imparfaites, par exemple. Donc, plus une couleur révèle la matière, plus la pièce doit être excellente. Une couleur très masquante est plus facile à traiter, mais présente moins d’intérêt. Une autre contrainte se pose au stade du contretypage. La couleur est beaucoup plus lumineuse sur le métal. Pour obtenir une couleur identique à celle d’un logo, il faut travailler avec les coloristes pour que les variations sur le métal rendent la même chose que sur le papier.

Couleur et matière sont donc très liées ?

On ne peut pas dissocier la sensualité de la matière de la réalité de la couleur. On n’imagine pas une sensation granuleuse sur de l’irisé. Il faut du lisse, du brillant. Au contraire, les couleurs chaudes rappellent certaines matières premières. On peut transformer du métal en cuir ou en porcelaine par une application couleur. Certains clients souhaitent conserver un toucher métal, propre à l’étain. D’autres recherchent des sensations “soft touch”, des touchers diamant, des impressions granulées !

Sur quels aspects portent vos efforts actuellement en matière d’innovation ?

Sur des formes improbables, des objets indémoulables qui paraissent trop fragiles… Actuellement, nous travaillons sur l’association du carbone et de l’étain. Le carbone donne un aspect plus techno au produit Nous avons aussi un projet qui allie modernité et couleur, que nous dévoilerons bientôt.

Cette utilisation récente de la couleur modifie-t-elle vos perspectives ? Ouvre-t-elle de nouveaux segments ?

La couleur est une arme supplémentaire et un outil exceptionnel. Elle nous permet de répondre à des demandes spécifiques : une sélection d’objets d’ arts de la table, Clarins, des bijoux pour Krug… C’est la couleur qui a permis d’emporter ces marchés ! L’étain ne trouble pas le jus de parfum, permet des petites séries très personnalisées, numérotées, gravées, avec une infinité de couleurs possibles : la cosmétique, la parfumerie font maintenant régulièrement appel à nous…

Quelles tendances percevez-vous actuellement autour de la couleur ?

Même s’il n’est pas question que les couleurs naturelles disparaissent, l’évolution consiste à associer couleur et toucher. Les clients sont en attente d’une couleur en harmonie avec leur marque. Le rose et le noir s’estompent au profit de nuances de tons encore inconnues, plus pastel.

*L‘Orfèvrerie d’Anjou est leader mondial de l’étain brillant dans l’industrie du luxe. Née au XVIIIe siècle, elle est l’héritière d’une lignée fameuse d’orfèvres et la dernière entreprise d’étain en Europe. Son activité repose sur deux métiers : la fabrication d’objets en étain, dont une gamme en exclusivité, et le travail à façon pour le marché du luxe, qui représente la plus grosse part du marché. (maisons de Champagne et de Cognac, cosmétique, marché des trophées…). Aujourd’hui, les réalisations pour les maisons de Champagne permettent à la manufacture de collaborer avec quelques noms du design attachés aux principales marques : Martin Szekely, Christophe Pillet, ou le designer Éric Bert

** Pascal blandin dirige l’Orfèvrerie d’Anjou. Entretien réalisé en 2007 pour le livre Alchimies, Couleurs, matières, lumières, pour l’agence Extrême Paris

Blanc – matières

Posté en décryptage couleur par frédéric rossi-liegibel le

Blanc – Peau - “Le blanc n’est pas une couleur (en photographie), juste une réflexion, et ici, un bourdonnement de lumière. Le blanc c’est de la nacre, avec ce côté aquatique, celui que l’on entrevoit lorsque l’on regarde dans un bassin quand il fait très beau.“ (Lire la suite…)

Couleur, une alchimie entre nature et culture

Posté en décryptage couleur par frédéric rossi-liegibel le 30 juin 2009

La couleur existe grâce à la conjonction de trois éléments: la lumière, le support sur lequel tombe cette lumière et le regard qui perçoit les vibrations lumineuses renvoyées par l’objet.

Ces couleurs s’actualisent selon le schéma de Ostwald, qui propose une vision dynamique et sans rupture entre les champs de couleur, une lecture tri dimensionnelle prenant en compte la clarté (axe de clarté – le blanc, le gris, le noir), la tonalité, (cercle de tonalité – orange, rouge, rose, bleu, vert, jaune) et l’intensité (le brun, le violet).

(Lire la suite…)

Regard sur les couleurs

Posté en décryptage couleur par frédéric rossi-liegibel le 28 mai 2009

Le travail du papier, du plastique, du métal et du verre, le mariage de la couleur et de la matière apparaissent comme un bel exercice. À travers des sensibilités pourtant très différentes, l’ensemble reste très homogène.

En baissant les tonalités, nous prenions le risque d’appauvrir le champ coloriel. Or, il s’est produit exactement le contraire ! La “désaturation“ mise en œuvre ici, enrichit le regard,  l’affûte, l’alerte en renforçant l’interférence entre couleur, support, surface et lumière.

Notre regard serait-il en train d’évoluer ?

Sur le marché des cosmétiques, les critères technologiques sont plus forts, plus stricts aussi. Aujourd’hui, les industriels ont l’obligation de fabriquer des produits moins polluants pour l’homme et l’environnement. 2007 voit apparaître de nouvelles normes et beaucoup de produits sont amenés à sortir du marché. S’adapter, voilà le grand enjeu ! Nous devons évoluer, même notre regard doit évoluer.

Il n’empêche que, malgré les contraintes, nous sommes toujours dans la recherche. C’est indispensable, vital. Et ces nouvelles normes imposées ne freinent pas la créativité, au contraire.

Dans les évolutions actuelles se dessine une demande de combinaisons d’effets, de couverture de pigment, de sophistication, de complexification de la couleur, lui ajoutant des effets et de la matière.

La technique et l’émotion

Heureusement, nous avons des recettes. Les techniques (injection, impression, sublimation…), nous permettent de décomposer, de recomposer et de retranscrire effets et couleurs qui vont créer l’émotion. Un simple échantillon de couleur associé à un adjectif évoque en nous des images et des sensations. Prenons, par exemple l’association Orange-frais. Pour donner de la force à l’adjectif, nous ajoutons un vernis spécifique, une nacre, à la couleur. Chaque professionnel s’approprie les bases, les liants, les couleurs solides, les nacres. Et chaque regard traduit différemment le résultat final.

Autre technique utilisée dans notre parcours, le retour à l’origine de la vibration de la couleur : la source lumineuse. Nous ne l’avons pas exploitée en jouant sur les modes, nous l’avons traitée comme une matière qui se pose sur la couleur de diverses façons. Il n’est qu’à regarder les photos pour s’en rendre compte. Couleurs et matières conjuguées recréent de la matière. Et notre œil fait le reste. Il transmet l’image brute à notre cerveau qui le transforme en émotion, dans tous les registres possibles, du plus positif au plus dérangeant.

Les alchimistes cherchaient à transformer le plomb en or. Notre travail pourrait prouver  qu’il y a de la richesse à transformer l’or en plomb. Richesse de ton, richesse de création, richesse de sensations.

Enfin, en nous rapprochant des industriels du packaging, en leur demandant de réagir sur les photos et de nous apporter leur regard de professionnels et de techniciens, nous avons fait un pas de plus : celui de l’utilisation productive de la couleur. Puisqu’elle est source d’émotion, comment s’intègre-t-elle dans les tendances, comment s’insinue-t-elle dans les esprits des consommateurs, comment influe-t-elle sur les marchés ?

Notre expérimentation de la couleur vivante, celle qui s’applique sur la peau avant d’imprimer les matières comme le papier, le plastique ou le métal, nous a permis de déceler – et de révéler – toute la puissance de la couleur dans toutes ses déclinaisons. L’art du photographe, celui du maquilleur, celui des mannequins qui subliment de leur beauté celles des teintes qu’elles font vivre, l’art et la technique des industriels qui nous ont prêté leurs regards, se sont conjugués pour raconter la merveilleuse alchimie de la création.

/Par Frédéric Rossi-Liegibel

Site sous WordPress par l'agence web Sourire-Sourire qui a cré ce thème pour WordPress