Interieur Courtrai #2

Posted on 17 octobre 2014

Joseph Grima, architecte britannique et ancien rédacteur en chef de Domus a révélé dans une étude commandée par la biennale de Courtrai que la possession (appartement, meuble, voiture…) a changé de statut pour la génération des natifs numériques. L’appartement peut encore fournir une toile de fond pour un repas du soir interchangeable, mais les concepts traditionnels de la vie de la maison seront à gagner grâce à de nouvelles technologies intelligentes et sur des modes de vie nomades ».

Alors avons-nous encore besoin de meubles ?

Ce constat prospectif a-t-il guidé le choix du lauréat (des lauréats) du Prix Interieur ?
Les suédois Charlotte Ryberg, Fritz Hakon Halvorsen et Marcia Harvey Isaksson qui ont  installés un village de pêcheurs sous la forme de “Gone Fishing“… En liaison avec le Prix catégorie “Objets“, aux designers italo-japonais Minale-Maeda pour leur tableau Clés de voûte, qui combine l’impression 3D et bricolage.

Alors, qu’est-ce qu’une maison ? Est-ce un endroit banal où dormir ? ou un sanctuaire, un endroit où nous nous sentons protégés ?
SQM – la maison quantifiée“ est le nom que Joseph Grima et son équipe Espace Caviar ont donné à l’exposition centrale de la programmation culturelle : pour eux la maison n’existe pas !

Le résultat est un gigantesque labyrinthe composé d’étagères de stockage, de caissons lumineux et de moniteurs, où défilent des statistiques et des données économiques sur l’espace résidentiel (par exemple : avec 50 000 euros on obtient 0,9 mètres carrés à Monaco, 1,5 à Londres, 55,6 à Nairobi et 71,4 à Dar es-Salaam). Cette modélisation est évidemment un fait social et l’exposition est l’illustration de l’étude, pourtant elle nous laisse sur notre faim. On a ici sentiment que Courtrai a voulu faire du Kassel (documenta) nommer un commissaire, prendre un sujet ambitieux, le développer. C’est oublier que les publics belge et néerlandais viennent principalement voir du meuble et de l’objet et non se perdre dans des réflexions théoriques. Cela explique peut-être la très faible affluence dans l’espace d’exposition, qui s’apparente plutôt à un jeu de bricolage, alors qu’alentour, soleil aidant on était plutôt dans l’insouciance et la bonne humeur.

Ceci mis à part, bravo Courtrai, encore une fois.

/Biennale Interieur, Courtrai, du 17 au 26 octobre 2014