Michele De Lucchi – designer résolument indépendant

Posted on 13 avril 2015

Il est difficile d’établir un siècle ou une époque pour Michele De Lucchi. Parfois, ses créations se rangent selon des critères modernistes, d’autres fois elles sont résolument contemporaines, d’autres encore empruntent à l’artisanat. Alors, qui est Michele De Lucchi ?
Une chose est certaine, architecte et designer il refuse d’être catalogué.

De Lucchi aime introduire une pointe d’ironie dans son design, qui se mue en une forme de commentaire critique. Tout en fait ouvertement référence aux formes géométriques et à l’acier plié, typiques du Baubaus, il les tourne en dérision par l’ajout de motifs décoratifs et d’un nom exotique qui racontent une histoire plus qu’ils illustrent une fonction.

Né en 1951 à Ferrara, il n’a jamais été une star. Pourtant cette année l’Expo 2 015 de Milan lui rend hommage : pour elle De Lucchi a orchestré les pavillons, les zones d’entrée et différents éléments de mobilier urbain.

Revenons sur son parcours.
En 1973, il transforme la cérémonie d’ouverture de la XV ème Triennale de Milan en performance, membre du groupe Cavart, il prônait un design radical combinant art conceptuel et architecture.
En 1977, il se lie d’amitié avec Ettore Sottsass, rejoint Alchimia et en 1981, co-fonde Memphis. Il participe à la création de ce système sémiotique de couleurs, formes et textures si spécifique qui sera le choc des années quatre-vingt. Dans le même temps, il s’associe avec Ernesto Gismondi et Alberto Alessi. Pour Alessi, il est et reste un des piliers des collections. Pour Gismondi – Artemide – en 1986 (avec Giancarlo Fassina) il conçoit la lampe de bureau Tolomeo (500 000 unités/an). Ce luminaire lui a donné une indépendance matérielle rare chez les designers.
En 1992, De Lucchi est nommé à la tête de l’équipe de design extérieur d’Olivetti. Alors que la scène du design était occupée à spéculer sur une nouvelle “Memphis“, il avait commencé à fabriquer sa Produzione Privata en céramique, marbre, bois et métal. Une collection de luminaires, meubles et objets en édition limitée.

Malheureusement, les crises successives ont stoppé brutalement ses projets jugés trop onéreux. Reste de très belles réalisations, comme la conception intérieure et graphique pour le “Neues Museum“ orchestré par David Chipperfield et tout particulièrement, pour le buste de Néfertiti, logé dans cette magnifique et minimaliste vitrine.