Rupture : vers un art nouveau

Posted on 26 février 2016

Connu dans les pays d’Europe du Nord sous le nom de Jugendstil, est le premier style qui marque une réelle rupture avec le passé. Il s’agit pourtant d’un mouvement que l’on pourrait qualifier de transitionnel : il utilise des formes inspirées de la nature mais s’appuie sur des matériaux nouveaux, comme la fonte, l’aluminium ou le verre feuilleté.

Le rôle croissant de la machine, la recherche d’une rationalisation du travail et d’une efficacité maximale ont conduit au remplacement progressif des formes complexes inspirées de la nature par des structures plus géométriques. Les tenants du Jugendstil en Allemagne et Autriche se sont montrés particulièrement sensibles à cette évolution et à ces nouveaux impératifs technologiques.

De grandes expositions* assurent alors une large audience à ces transformations.
Les expositions universelles qui se tiennent à Paris en 1889 et 1900 rendent un hommage l’Art nouveau ; celle de Turin en 1902 attire l’attention du public sur le style dépouillé de Charles Rennie Mackintosh. Dans ce creuset d’influences, l’exotisme des formes découvertes par les Européens dans leurs différents empires coloniaux joue un rôle certain. Le changement ne concerne pas seulement l’architecture et les arts décoratifs, mais le mode de vie dans son ensemble. Le concept Gesamtkunstwerk (œuvre d’art totale) entraîne les créateurs à travailler en faisant fi des frontières entre beaux-arts, arts décoratifs et arts appliqués. L’utopie semble à portée de main : un monde nouveau naître, où la modernité saura satisfaire toutes les exigences de la vie contemporaine. Cette révolution n’aurait certainement pas pris les mêmes formes sans les idées avant-gardistes de quelques personnalités d’exception, tant en Europe qu’aux États-Unis. La décoration et l’artisanat résistent encore vaillamment à ce que l’on a appelé plus tard l’esthétique de machine et donnent à leur façon libre cours à la modernité.

*Les événements les plus marquants de la seconde moitié du Dix-neuvième siècle ont été les grandes expositions internationales, qui présentaient à un public toujours plus nombreux les récentes avancées de la technologie et les nouveaux produits de l’industrie. Expositions universelles 1889, remporte un véritable triomphe et consacre l’Art nouveau français. Celle de 1900 poursuit un but clairement nationaliste. Elle tente prouver que le style Art nouveau est une création spécifiquement française. Elle affirme l’hégémonie de ce style dans le domaine de la décoration et des arts décoratifs. À côté des pavillons français, sont présents quelques pays étrangers, tels les Pays-Bas ou l’Autriche, représentée par Josef Hoffmann et Otto Wagner. Par contre les travaux de Henry van de Velde ou de Charles Rennie Mackinlosh, qui comptent dorénavant parmi les créateurs de premier plan, ne sont pas exposés.

/Illustrations – Gustav Klimt – Buchenwald – 1902 – Galerie Neue Meister – Dresden