Marianne Brandt – l’esthétique au meilleur marché

Posted on 24 juin 2016

Marianne Brandt est une figure importante de l’histoire du design moderne non seulement parce qu’elle a dessiné certains des plus beaux objets en métal du siècle, mais aussi parce qu’elle l’a fait en tant que femme.

Elle explique combien il lui avait été difficile de se faire une place au Bauhaus, le travail du métal étant alors un domaine réservé aux hommes. Et aussi comment on lui avait confié un travail répétitif et ennuyeux avant de l’accepter au sein de l’atelier : Elle est devenue un des designers les plus célèbres du Bauhaus et l’une des rares étudiantes à ne pas sortir de l’atelier textile. De nos jours, ses œuvres sont éditées par Alessi,

En 1923 elle entre au Bauhaus comme étudiante au Vorkurse (cours préparatoire), László Moholy-Nagy qui est depuis un an professeur principal de l’atelier de métal et plexigas est impressionné par son travail et l’encourage à se spécialiser dans cette voie. Marianne Brandt adhère totalement à la philosophie du Bauhaus : “notre tâche était de façonner ces objets de sorte qu’ils satisfassent à tous les critères esthétiques et pratiques et restent meilleur marché qu’un objet produit à l’unité“. Entre 1923 et 1924, elle réalise une série d’objets pour la table, fonctionnelle et innovante. Leur forme géométrique s’inspire des principes esthétiques du constructivisme que Moholy-Nagy a introduits dans le département. À partir de 1927, elle crée des lampes électriques et des appliques lumineuses pour un marché en pleine expansion. Ces objets pratiques, économiques et modernes, associant le chrome, l’aluminium et le verre, sont produits sous licence du Bauhaus par Kôrting et Mathiesen (lampe de chevet Kondem) Quand Walter et Moholy-Nagy quittent le Bauhaus en 1928, Marianne Brandt se laisse convaincre de rester à la tête de l’atelier de métal une année de plus, Durant le reste de sa carrière, elle s’adonne à la peinture, à la sculpture, tout en enseignant aux Beaux-Arts de Dresde (1949-1951) et à l’école des arts appliqués de Berlin (1951-1954).

Et même, si elle ne renoue pas avec les succès de sa jeunesse, ses créations des années vingt sont restées une source d’inspiration pour de nombreux designers.

//images 1 –  Table Lamp, circa 1928 – 2  Marianne Brandt ®Bauhaus-Archiv Berlin